anne bernard2


 
Dans la douceur des vents
Une naissance
Une main une hanche
Et je perds connaissance
Mouvements troublants
Délicate confidence aux pieds nus
Itinéraire
De sensibilités jumelles
Corps fragiles
Et substances vigilantes
Dans la douceur des vents
Un crépuscule d’apparitions
L’essentiel jaillit
Le voile claque
Carnet de leçons
Intimité échangée
Peinture d’intuitions
L’écoute borde les feux
D’amers repères
En terre
Dans la douceur des vents
Ton souffle me reconnaît
M’ajuste
Simple coque
Je me laisse aller
Je te crois Adam
Cœur ouvert
Je te vois emmuré
Jambes d’acier, main de fer
Maure en désert
Dans la douceur des vents
Nos voix se dérobent
Tes couleurs me soulèvent
Ton inspire et ton expire
Donnent le rythme de mon écho
Je bascule
Sans hâte
Le temps s’arrête puis reflue
Les airs sont saturés
Et je te sais pierre attachée
Dans la douceur des vents
Nos corps sans se quérir
Fabulent sans se frôler
Essais de proximité
Nous nous hélons
Étalons du devoir
J’esquive
Exquise chimère
Je te figure chevalier
Lovant les destinées
Dans la douceur des vents
Le temps venu
Tu erres
Dans la puissance des fils
Mon crâne mue une liberté ingénue
Emouvante conquête
Aux voies nues
Enfin tu pars et le manque reste
Enfin tu es parti, sans toi l’envie
Matins confus
Dans la douceur des vents
Etre quelques jours une trace
Une rose
Je tinte l’allure
Un fragment infime
Me souvient de toi
Aventures précieuses
Et couvertes de pluie
Les maux me font rougir
Presque pleurer les mille baisers
Dans la douceur des vents
Cela est songe
Un autre temps, un autre monde, sacrés
Ma réalité
Simple profane
Et vivante
Répète cette litanie héritée
Puis me retire en silence
Dernier chant
Révérence.