anne bernard2


je les écoute et j’attends
je les embrasse et j’attends
je les regarde et j’attends
J’attends encore
toujours
Depuis des années pour combien de temps
Encore
J’attends qu’ils me donnent
Encore
Cet amour si grand
Puissant
Dément
Dont tous s’étonnent
qui pour tous résonne
toujours encore
découvrez mon essence
pour vous j’ouvrirai les ondes
Savourez moi les sens
Je partagerai le monde
Je serai vagabonde
L’espoir
m’inonde
De mes rêves
Miroir
En noir
De ma sève
Qui encore et toujours
S’en nourrit
S’endurcit
Tu pourrais m’appeler idiote
Je ne suis que filliote
D’une famille chrysanthème
Sans un sourire
Oui, oui, tu peux rire
Dans ce cimetière
Ma mère de larmes devient glaçon
si j’étais garçon
bâtir une forteresse
Endosser une cuirasse
dresser des barricades
justes carapaces
chez les guerriers
je me perds
la fumée
les degrés
la table et l’autre
je me lasse
mon corps se défend
je deviens hiver
et je prends les mots
renaissance utopique
ils disent logique je crie rêve
passion pour action
pourquoi pour non
liberté pour violence
futur pour profit
plaisir pour attention
univers pour frontière
cœur pour moteur
et toujours
en traversée
pirogue sans balancier
en mer
en désert
en route
sans doute
pour ce voyage intérieur
qui lui se fait sans peur
sans frayeur
solitaire
je me terre
pourtant
sans limites
je m’invite
existence
nomade
en errance
je m’évade
je ne veux oublier
cette vie rêvée
mais je ne peux que lâcher
cet aveu si vrai
je ne peux que pleurer
cette vie tâchée
de détails sans amour
de principes sans atours
de manquements sans détours
de gestes si parfaits
de pensées si cadrées
de discours si léchés
toujours invisible je cours
parcours
ce chemin tant aimé
mais pourtant toujours
bonux ignoré
parole étouffée
silhouette déformée
je suis
raison asséchée
cœur ensanglanté
sans valeur et pourtant
jugements par cents
ce sentiment
toujours plus grand
puissant
dément
cet abandon
surpasse
toujours et encore
Ce remords
toujours et encore
je ne vis et trépasse
Cette petite mort
Qui à chaque minute à chaque heure
Me ronge
sans traces
je m’efface
Je plonge
et je confonds
tout
amour charnel
des corps sensuels
instinct maternel
fibre paternelle
amitié fraternelle
pour toujours éternels
je me morfonds
douce sensation
pour ne jamais atteindre cet idéal
trouver cet élan vital
dire bonjour aux étoiles
hmm ça fait mal
Sensibilité cyclopéenne
Susceptibilité aveugle et haine
la colère pour émotion
la rancœur pour compassion
le ressentiment pour pardon
pourtant
je faiblis
je ne tiens plus debout
âme aigrie
mon cœur est à genoux
ventre gris
quel combat pour quels coups
l’autre joue
je les écoute et j’attends
je les embrasse et j’attends
je les regarde et j’attends
Et toujours et encore
Je meurs de ne pas savoir
Vivre.