anne bernard2
Dos à la mer,
il m'attendait,
la main sur un fil,
le corps tendu.
Il y a eu de beaux moments
Des moments de paix et de sérénité
Des instants de joie
De l'angoisse aussi
Mais elle n'est pas là, pas sur les photos de toi et moi
Nous nous sommes regardés
Longtemps
Nous nous sommes frôlés
Longtemps
Nous nous sommes parlé
Longtemps
Nous nous sommes approchés
Longtemps
Nous nous sommes croisés
Elle avait un drôle de prénom et des allures de garçon.
Elle avait les yeux vifs et les genoux cagneux.
Elle avait un sourire plus grand que le monde et j'y vivais.
De ses deux mains il prend ma tête
Toute sa tristesse s'écoule.
Le temps était blanc pour ce baiser.
Pas de bruit, pas d'odeur, pas de couleur,
Juste un souffle.
Elle est excessivement maigre et frémit à chaque mot.
Une odeur de cigarette et de cuir émane d'elle.
C'est une guerrière.
Dans cette église au bout du monde je pleure,
doucement, profondément, sereinement.
Je suis arrivée, près de toi.
Coupées de nos corps, nos quatre mains réparent ensemble les courroies de ce palan.
Elles se répondent, trouvent leur place et leurs voies.
Elles se reconnaissent.